Depuis l'aube de
l'informatique, les humains ont rêvé d'élaborer des supports capables de
transporter nos souvenirs et de préserver nos esprits. Le téléchargement de
l'esprit est encore au stade de la science-fiction. Et pourtant, certains des
plus grands neuroscientifiques du monde croient que cette technologie est pour
bientôt. Nous allons étudier un cas concret : celui de Hayworth, un
neurobiologiste qui veut se suicider pour atteindre l'immortalité.

Photo
représentant Kenneth Hayworth dans un laboratoire
Kenneth Hayworth est un brillant ingénieur dont les travaux
ont un impact certain sur le projet connectome visant à cartographier le réseau
de neurones du cerveau humain.
Il a une seule obsession depuis des années: se suicider
avant 2045 afin de devenir immortel. Ce scientifique passe ses journées au
sous-sol de l’université d’Harvard à préparer… son suicide. Passionné par le
fonctionnement du cerveau, il a partagé avec un plan qui lui permettrait de
ressusciter: «Nous allons conserver un cerveau, le découper, le recréer sur
ordinateur par simulation, et le raccorder à un corps de robot». Une
tâche ardue quand on sait qu’un morceau de tissu cérébral humain de la taille
d’un dé à coudre contient environ 50 millions de neurones et près de mille
milliards de synapses. Mais pour cela, le propriétaire du cerveau doit avant
tout… mourir. Plutôt que devenir «très vieux ou très malade» Ken Hayworth
préfère avoir le choix de dire adieu à ses proches et se rendre à l’hôpital où
il imagine que la procédure se passerait. «Si votre corps cesse de fonctionner,
il commence à se détruire, il faut donc stopper les enzymes qui détruisent le
tissu.» Si tout se passe selon son plan, explique-t-il, «je serai un fossile
parfait.».
Le plan ? Vider l’eau et la moelle épinière de son cerveau
et les remplacer par une résine en plastique pur. Chaque neurone et synapse de
son système nerveux central sera protégé jusqu’à l’échelle du
nanomètre. Son cerveau physique sera détruit mais son connectome (le plan
de toutes ses connections) sera conservé. Pour beaucoup de scientifiques, le
connectome contiendrait la conscience. D'après Ken Hayworth, dans cent ans les
scientifiques seront capables de déterminer la fonction de chaque neurone et
synapse et ainsi de construire une simulation sur ordinateur de l'esprit. Et
puisque le processus de plastination aura conservé les nerfs rachidiens, il
espère que l'esprit généré par ordinateur pourra être connecté à un corps de
robot.
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